Le Grand Raid Arctique 2011 Brest, Le Cap Nord, Mourmansk, St Pétersbourg   Les étapes jour par jour...

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Catalogue 2011

Brochure voyages Scandinavie By Salaün Holidays

 

8 500 km, 8 pays traversés et le Cap Nord au bout du chemin

Le parcours du 1er au 15 février 2011 Agrandir l'image

Le parcours du 1er au 15 février 2011

Le 1er février, une voiture 4x4 spécialement équipée pour la neige et la glace, quittera Brest pour le Grand Nord. 8500 kilomètres, auxquels il faut ajouter quelques centaines de milles en ferries, la
conduiront tout au long de la côte norvégienne jusqu’au Cap Nord, au coeur de la nuit polaire.

 

Un chemin d’écoliers pas frileux l’emmènera en Russie (Mourmansk, Saint-Pétersbourg), en Finlande, en Suède et au Danemark. Le retour vers Brest se fera via Aix-la-Chapelle…

 

A Chaque étape, découvrez le récit et les photos envoyés par notre équipage.

 

Plus qu'un Raid, c'est une aventure humaine, des rencontres et des paysages hors du communs que notre équipage vous fera partager tout au long de ce périple.

Etape 1 - Mardi 1er Février : BREST / KIEL (1 495 km)

Au départ de BREST, Mr François Cuillandre, Maire de la ville Brest avec nos trois membres d'équipage Agrandir l'image

Au départ de BREST, Mr François Cuillandre, Maire de la ville Brest avec nos trois membres d'équipage

Et c’est parti pour la quinzaine du blanc !

 

Mardi 11h30, devant le perron de la mairie de Brest, François Cuillandre, maire de la ville, a donné lé départ officiel – et néanmoins amical – du Grand Raid Arctique, en présence de Michel Salaün, président du Groupe Salaün et de quelques amis. Près de 9000 kilomètres s’ouvrent devant le superbe  4x4 noir décoré aux couleurs de Salaün Holidays et des différents sponsors qui apportent leur soutien à cette aventure. 9000 kilomètres qui l’emmèneront, lui et son équipage,  jusqu’au Cap Nord, avec un retour à Brest par la Russie, la Finlande, le Danemark et l’Allemagne. 15 jours de nuit « presque polaire », de neige et de glace…

 

La première étape nous conduisait jusqu’à Kiel. 1500 kilomètres à avaler en oubliant les chemins d’écoliers : mercredi, à 13h, nous devons embarquer sur le ferry Color Fantasy, à destination d’Oslo.
Faudra pas chômer, mais ce n’est pas une raison non plus pour piétiner les traditions et oublier les bonnes manières. La première halte se fera, comme l’an dernier à l’occasion du départ du Grand Raid Brest-Vladivostok, trois kilomètres plus loin, devant le restaurant du Crabe-Marteau, quai de la Douane, au port de commerce. Martine nous y attend avec un grand sourire et plein de bonnes choses. Une assiette de pétoncles, quelques coquilles Saint-Jacques et un petit ormeau nous aideront à supporter le régime diabolique des cafétérias d’autoroute…

 

Mais il est temps de prendre la route. C’est pas la croisière Gault et Millau, notre affaire. C’est du sérieux. Le petit coup de blanc du Gers, ce sera pour le retour, le 15 février.

 

Du sérieux, on vous dit. Car si Brest nous a salués de ses petits crachins dont elle a le secret, on peut vous dire que les nuits allemandes sont fraîches et se sont chargées  de nous mettre dans l’ambiance Grand Nord : verglas, grêle, brouillard… La remontée vers Kiel a été corsée. D’autant que les autoroutes allemandes  donnent l’impression d’être perpétuellement en travaux et que les ingénieurs de l’équipement locaux ont un talent fou pour dénicher des déviations qui laissent muet le GPS le plus bavard et verdissent le langage du plus policé des chauffeurs.

 

Mais il faut reconnaître à ces mêmes ingénieurs un indéniable savoir-faire dans le salage des routes. C’est bien simple, au bout d’une nuit, vous avez doublé tellement de saleuses que vous avez l’impression de faire de l’hypertension artérielle.

 

Quand on pense que chez nous, cet hiver,  on a failli réquisitionner les salières de restaurant…

 

A 4h30 du matin, nous arrivons à Kiel, les paupières lourdes. Et le ventre vide. Mais il est beaucoup trop tard pour le dîner – même frugal – et un peu tôt pour le petit déjeuner. C’est ce que nous fait comprendre la gardienne de nuit, arrachée sans ménagement aux bras de Morphée.

Etape 2 - Mercredi 2 février : KIEL / OSLO (en mer)

L’embarquement sur le ferry Color Fantasy, de la compagnie Color Line. Pas de souci pour se garer ! Agrandir l'image

L’embarquement sur le ferry Color Fantasy, de la compagnie Color Line. Pas de souci pour se garer !

Aujourd'hui à midi, nous avons rendez-vous avec la maire de Kiel.

 

Cette ville est jumelée avec Brest et les deux maires – François Cuillandre et Torsten Albig – entretiennent les meilleures relations du monde. « Vous vous arrêtez à Kiel ? », a découvert le maire de Brest en nous offrant un pot dans son bureau pour notre départ. « Mais passez donc dire saluer mon ami Torsten ! ».

 

On va pas déranger ? Non, on ne dérangeait pas. La rencontre fut brève mais très chaleureuse : le maire de Kiel adore Brest et y vient régulièrement. « J’aime beaucoup cette ville ; sur plusieurs points, elle ressemble beaucoup à Kiel. »

 

Aujourd’hui, c’est particulièrement vrai sur un point, que les deux premiers magistrats me pardonneront d’évoquer en toute amitié : le temps. Il est, comment dire, très brestois ; Ou alors, très kiélois. Bref, c’est un vrai temps de chiotte !

 

A ne pas mettre un ferry dehors. Le nôtre – celui qui doit nous conduire à Oslo et sur lequel nous embarquons à 13h – est majestueux et plante ses cheminées dans les nuages.

 

Le Color Fantasy est une petite ville qui peut accueillir 2900 passagers. Une petite ville avec ses magasins, ses bistrots, ses restaurants… Ah ! Ses restaurants. Ce midi, avec Luc mon coéquipier, on s’est offert, après le jeûne autoroutier de cette nuit, un plantureux buffet. En entrée, j’ai pris du hareng nature ; en plat de résistance, du hareng sauce curry ; j’ai fait l’impasse sur le fromage au profit d’un hareng sauce tomate et en dessert, j’ai succombé à une assiette de saumon fumé agrémenté d’une salade de pomme de terre. Et comme le commandant m’avait dispensé de tout quart à la barre, j’ai arrosé le tout d’une petite bière.

 

Et là, je vous écris de ma cabine, tandis que le Color Fantasy slalome paisiblement entre les îles danoises. Il est 17h. La nuit est déjà tombée. Et la brume ne s’est pas levée.

 

Nous arriverons demain à 10h, à Oslo. Il paraît que le temps y est glacé.

Le diaporama de l'étape 2

Attention ! Après la plume, les images...

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L’équipage a été accueilli par le maire de Kiel, Torsten Albig.
Juste le temps de lui transmettre<br /> les amitiés de François Cuillandre, 
maire de la ville de Brest, jumelée depuis des années avec Kiel. L’embarquement sur le ferry Color Fantasy, de la compagnie Color Line. Pas de souci pour se garer ! Le sun-deck du ferry Color Fantasy est digne d’un grand paquebot.<br />
Il ne manquait juste ce matin-là à Kiel que le… soleil ! La « rue » marchande du ferry « Color »  Fantasy. On s’y perd ! Mitte tient avec bonne humeur son bar à tapas sur le « Color Fantasy ». 

Etape 3 - Jeudi 3 février : Oslo / Trondheim / Hell (525 km)

Lever du jour un peu frisquet dans le fjord d’Oslo Agrandir l'image

Lever du jour un peu frisquet dans le fjord d’Oslo

La forme olympique !

 

Vous vous êtes dit : « Au poil, un raid dans le Grand Nord en hiver. Il y fait nuit presque tout le temps, on va se coucher avec les poules et s’offrir des grasses matinées de vieux chat… »

Erreur. J’ai l’impression de vivre des nuits blanches depuis avoir quitté Brest !

 

Mercredi soir, sur le ferry, il m’a fallu un peu de temps pour me remettre dans le rythme de ces carnets de route. Quelques heures, donc, de travail dans une cabine transformée en bureau alors qu’elle aurait pu être un nid douillet, le nez sur l’écran. Avec simplement, de temps à autre, un petit coup d’œil par le hublot pour constater qu’il fait déjà et encore nuit et que les lumières de la côte se font de plus en plus rares et lointaines.

 

Sauf lorsque le « Color Fantasy » glisse sa grande carcasse sous un pont qui rejoint deux îles danoises et que, pendant quelques secondes,  vous avez l’impression que des voitures volent au dessus du bateau et que vous ignoriez que le hareng, consommé en grande quantité,  avait des propriétés hallucinogènes…

 

Une grasse matinée ? Un rêve ! Même s’il a décidé de passer à la semaine de 35 heures, le soleil scandinave est matinal. Et il faut être sur le pont dès 8h, si l’on veut profiter du lever du jour sur le fjord qui mène à Oslo. Et pas en robe de chambre. Il fait un froid à ne pas mettre un ours dehors. Mais il faut reconnaître que cet effort est récompensé. L’arrivée à Oslo est un spectacle étonnant. Le bateau se faufile dans un dédale d’îlots et de rochers, passe à quelques mètres des rives et des petites maisons de bois qui y font trempette.

 

La visite de la capitale norvégienne sera pour une autre fois. Les formalités douanières expédiées en quelques minutes grâce à la gentillesse d’un gabelou, nous avons rendez-vous dans un garage de la ville pour y changer les roues du 4x4 et passer en version pneus cloutés. On rentre dans le dur ! C’est Marit, une jeune mécanicienne, jolie brindille noyée dans une combinaison un peu trop grande,  qui se charge de l’opération. Et ça ne traîne pas…

 

On peut désormais prendre la route du Nord. Cette première étape en terre norvégienne nous mène jusqu’à Trondheim. 600 kilomètres à travers la montagne, pour retrouver la mer. La route, étroite et sinueuse, traverse de nombreux villages où la vitesse est limitée à 50 km/h. Lorsque nous arrivons à Trondheim, la troisième ville de Norvège, il est déjà 21h. Michel Salaün, qui conduira le raid jusqu’à Saint-Pétersbourg nous attend à l’hôtel où il est arrivé quelques minutes plus tôt.

 

Cette route à travers la montagne n’a toutefois pas manqué de charme. Après une matinée un peu grise, un grand soleil faisait briller une neige immaculée. Il faut en profiter car il se couche tôt. Vers 17h. Nous savourons ces derniers feux à Lillehammer. La petite ville montagnarde, blottie au bord du lac Mjøsa, est devenue célèbre en accueillant les jeux olympiques d’hiver de 1994. Les deux impressionnants tremplins de saut à ski qui dominent la station sont là pour rappeler cet événement.  Sans pitié pour leurs invités, les Norvégiens étaient sortis de ces jeux couverts de médailles comme un congrès d’anciens combattants russes.

 

C’est donc dans la nuit que s’est poursuivi notre route, à travers, notamment, le plateau venté de Dovrefjell, premier contact avec les paysages de toundra. Dommage. Mais le Cap Nord est encore loin. Très loin. Et on apprendra à faire la course avec le soleil.

 

C’est assez simple : il faut se lever avant lui et se coucher bien après.

 

Les chiffres du jour : - 13°. C’est la température la plus basse subie au cours de cette journée.

 

A Oppdal, juste avant de descendre sur Trondheim et sa douceur maritime : + 1° !

 

- 1200 mètres. C’est le point le plus haut franchi sur ce jour. A Snøhetta. C’était quelque part dans la nuit.

 

Le nom du jour : Olaf.

 

C’est le nom que nous avons décidé de donner à notre voiture. Dans un premier temps, Luc et moi-même avions songé à Otto, en raison des origines germaniques de la bête. Mais Olaf, c’est bien aussi, non ?

 

C’est même royal.

Le diaporama de l'étape 3

Suivez les aventures de notre équipage en images. 

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Terre ! Le débarquement s’est fait sans encombre. L’aventure peut commencer ! Le quartier de la gare à Oslo : ce n’est pas le plus attrayant. Bienvenue à Oslo ! A Oslo, on a fait changer les roues dans un garage pour passer aux pneus cloutés.<br />C’est Marit, un petit bout de femme, qui s’en est chargée. Coup de main interdit. Oslo, c’est juste derrière…

 Lever du jour un peu frisquet dans le fjord d’Oslo L’arrivée à Oslo se fait par un fjord très étroit, parsemé d’îlots. Au pied  des deux tremplins de saut à ski du site<br />olympique de Lillehammer : pour un peu on l’aurait fait ! La petite ville de Lillehammer blotti dans sa couette nuageuse. 

Etape 4 - Vendredi 4 février : Hell / Fauske (630 km)

Nous y voilà ! Il fait nuit, le vent souffle, nous passons le cercle polaire. Agrandir l'image

Nous y voilà ! Il fait nuit, le vent souffle, nous passons le cercle polaire.

Le cercle polaire disparu

 

66°33’00’’N. Nous y sommes. Nous avons franchi le passage symbolique du cercle polaire. Dans la nuit, évidemment. Et aussi dans une sorte de blizzard qui balayait la route et levait la neige des bas côtés, donnant à ce moment un caractère irréel et effrayant. La route elle-même semblait s’envoler dans cette tornade blanche et vous abandonner à vos rêves de Cap Nord.

 

Sur son plateau de plus de 600 mètres la porte du monde polaire annonçait la couleur. Un blanc bien frappé à consommer avec modération.

 

En bas, blottie dans son fjord, la ville de Fauske, semble un havre de paix, même s’il y fait encore -5° et que le vent marin y souffle fort. La bière du  Fauske Hotell avait ce soir-là une saveur particulière.

 

Hier, le soleil nous a boudés toute la journée. Levé, mais du mauvais pied. Dommage. Car la route qui mène de Trondheim à Fauske – plus de 630 kilomètres – traverse des paysages magnifiques, longe des rivières en bataille avec la glace, que les saumons remonteront au printemps ; se protège dans des tunnels ;  s’efforce de composer avec une nature rugueuse, au relief tourmenté, comme si elle venait de sortir de la mer, jamais lointaine.

 

Sur la route elle-même, il faut s’accrocher. Pneus cloutés obligatoires. Glissades inévitables. Vitesse limitée.

 

La moindre petite faute est sanctionnée. Ainsi, à la sortie d’un virage, on se retrouve face à une voiture en travers de la chaussée, le nez planté dans le rail de sécurité. Au volant, une jeune femme désespère de pouvoir se sortir de cette situation délicate. Michel prend sa place et nous, Luc et moi, on pousse. Jusqu’à en tomber ! En quelques minutes Mette – c’est ainsi qu’elle s’appelle – reprend sa route en bénissant les Français et leur légendaire galanterie. Il est vrai que plusieurs véhicules norvégiens sont passés devant la naufragée de la route sans s’arrêter. On n’ose imaginer la proportion que peut prendre ce banal incident au milieu de la nuit…

 

La soirée au Fauske Hotell se passe paisiblement, autour d’un buffet bien garni, dans une douce chaleur et une ambiance sympathique. Comme au coin d’un bon feu de cheminée. Il semble que plus on monte vers le nord, plus la vie prend de l’intensité. Et plus la nécessité de partager de bons moments se fait évidente.

 

A une table voisine, quatre Italiens terminent leur dîner.  Avec sérénité. Pourtant, si l’on ose dire, ils n’ont pas le cul sorti de la glace. Garé dans le parking de l’hôtel, leur 4x4 a fière allure. Il lui manque pourtant une arme essentielle : des pneus cloutés. « C’est très difficile, on ne sait pas si arrivera jusqu’au Cap Nord », expliquent-ils en souriant.

 

C’est vrai que le Cap Nord, c’est encore loin. Et que le dégel n’est pas prévu pour les jours à venir.

 

L’hôtel du jour

 

Cette virée dans le Grand Nord est l’occasion pour Michel Salaün de visiter et d’utiliser les hôtels qui sont proposés aux clients de Salaün-Holidays dans le cadre du grand circuit de Scandinavie. On ne peut imaginer meilleur test !

 

Hier, nous avons fait une courte halte  au Meyergarden Hotell, à Mo I Rana, une petite ville avec des allures de station polaire, abritée au fond d’un joli fjord. Accueil sympathique. Café offert avec une petit gâteau maison. Et l’hôtel, qui fait partie de l’histoire de la ville, ne manque pas de charme.

Le diaporama de l'étape 4

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Et ca, c’est pour pouvoir rentrer chez lui Petit coup de blizzard avant le cercle polaire. 30 km/h, c’est déjà beaucoup ! Un tête à queue dans un virage glacé : on s'arrête et on donne un coup de
main. Appliques-toi, Luc, on n’y voit  rien dans le rétro ! Gentil sur l'accélérateur, délicat sur le frein. Les pneus cloutés ne font
pas tout.<br />Dans la Norvège hivernale, dans un univers extrême, on doit
apprendre la modération.

 

Etape 5 - Samedi 5 février : Fauske / Tromsø (495 km)

Le soleil, en grand artiste, a mis le feu à la montagne… Agrandir l'image

Le soleil, en grand artiste, a mis le feu à la montagne…

Sur la route de Tromsø

 

Le départ de Fauske est matinal. Il y a quelques kilomètres à aligner mais surtout un rendez-vous impératif : l’embarquement à 17h45 sur l’express côtier, à Tromsø. Et avant, un  ferry à prendre à Bognes pour traverser un fjord qui coupe la route de Narvik.

 

Il ne faut donc pas traîner. Sans pour autant se priver du spectacle exceptionnel qu’offrent les paysages que nous traversons. Le lever du soleil est d’une splendeur incomparable. A chaque minute, les couleurs changent, des montagnes s’illuminent quand d’autres disparaissent selon les caprices d’une lumière imprévisible.

 

Il faut en profiter car la pénombre viendra vite. Pour l’heure, c’est le soleil qui règne et éclaire notre route avec générosité, nous réservant un grand moment inoubliable : les îles Lofoten. A quelques milles de la côte, elles dressent leurs montagnes d’une blancheur immaculée, avec l’orgueil d’un massif alpin. Et on se dit qu’elles auraient mérité un détour, ces îles Lofoten. Ce sera pour une prochaine fois.

 

La route vers Narvik disperse nos regrets. Chaque virage apporte un spectacle nouveau sur une montagne qui découpe une cime originale dans le ciel ou une vallée impénétrable. Cette Norvège du grand nord est d’une beauté saisissante. Sauvage. Violente parfois quand le vent venu de nulle part fait voler la neige. La route, alors, se fait incertaine.

 

La nuit est tombée vers 16 heures. Et le noir est total quand nous arrivons à Tromsø, dernière grande ville sur la route du Cap Nord. Nous sommes à l’heure. L’express côtier « Midnatsol » est à quai. Demain, vers 13 heures, après une nuit de navigation  dans un labyrinthe d’îles et d’îlots, nous serons au pied du Cap Nord.

Le diaporama de l'étape 5

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Il ne fait plus nuit, il ne fait pas encore jour. La route de Narvik oublie le temps. Matinal, le chasse-neige… Mais il n’enlève pas la glace. Son combat contre les congères l’occupe à plein temps. Lever du jour sur un fjord, près de Fauske. Le soleil, en grand artiste, a mis le feu à la montagne… Dans quelques secondes, ce paysage aura changé. Ou tout simplement disparu. Tout au fond, les îles Lofoten. Proches et lointaines. Trop belles. Patron, le temps se gâte ! Routier dans le Grand Nord, c’est un métier ! Le ferry de Leiknes est le seul moyen de rejoindre Narvik. Il n’y a pas d’autres routes. La frontière suédoise est toute proche. Notre expédition intrigue les Norvégiens. Et, toute modestie mise à part, les bluffe ! Non, Michel, Narvik, c’est dans l’autre sens… Miroir, mon beau miroir… A Narvik et dans la région, de nombreuses stèles rappelle les terribles batailles, terrestres et navales, qui s’y sont déroulées en avril 1940. Vous avez dit, blizzard, comme c’est étrange. 

L'itinéraire des deux prochaines étapes

Le parcours de l'étape 6 et 7. Agrandir l'image

Le parcours de l'étape 6 et 7.

C'est un long chemin qui va mener notre équipage jusqu'en Russie ces deux prochains jours : ferry et routes glacées encadrées par d'énormes congères, balayées par le vent du nord. Voici le tracé  du parcours maritime et routier de nos trois amis.

Etape 6 - Dimanche 6 février : Honningsvåg / Cap Nord / Karasjok (475 km)

Petit retour sur un moment émouvant : la photo traditionnelle au pied de la siège qui symbolise le Cap Nord. Agrandir l'image

Petit retour sur un moment émouvant : la photo traditionnelle au pied de la siège qui symbolise le Cap Nord.

Les inconnues du Nord Express

 


Non, nous ne sommes pas encore congelés ! Si nous vous avons laissés sans nouvelles, c’est tout simplement en raison de quelques problèmes de transmission internet. Malgré les satellites et autres progrès technologiques, l’informatique trouve ses limites dans le Grand Nord !

 

Nous aurons l’occasion demain de revenir sur ces deux dernières journées qui nous transportés de Tromsø au Cap Nord.


Un petit résumé pour ne pas nous perdre dans la nuit polaire.

 

Nous avons donc embarqué sur l’express côtier Midnatsol, samedi soir à Tromsø. Après une nuit de navigation paisible, au cours de laquelle le beau ferry a joué les omnibus, nous sommes arrivés à Honningsvåg à 12h30. Sous un beau soleil mais avec un petit – 15°.

 

De là, nous avons gagné en convoi – c’est obligatoire par mauvais temps, sécurité oblige – le Cap Nord proprement dit, distant d’une quinzaine de kilomètres. Route dangereuse, glacée, avec des pentes de col alpin et des bourrasques de vent qui lèvent un blizzard impressionnant. Un car en panne ayant retardé le convoi, nous sommes arrivés sur le toit de l’Europe vers 14 heures. Une heure plus tard, il faisait déjà nuit. Et pour les photos souvenirs, il fallait faire vite : le vent multipliait par trois l’effet des – 15°. En quelques minutes, les morsures du froid sur le visage devenaient insupportables.

 

Nous avons ensuite pris la route pour Karasjok, 230 kilomètres vers le sud. Le sud, en l’occurrence, ne signifiant pas retour vers les Tropiques. Dans la capitale lapone, il faisait -20° à notre arrivée, peu après 20h.

 

Un bon morceau de viande de renne a remis l’équipage d’aplomb.

 

Aujourd’hui lundi, nous prenons la direction de la Russie. Et de Mourmansk. Plus de 600 kilomètres en passant par la Finlande.

 

A plus tard.

Le diaporama du jour 6

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En entrant dans l’express côtier, on est prié de se laver les mains. Des épidémies de gastro-entérites ont déjà fait des ravages à bord du bateau ! Il est trois heures du matin. Le Midnatsol fait une brève escale dans un petit port – Loppa Havn – perdu au milieu de la nuit polaire.<br /> Il y embarquera deux passagères venues randonner dans la région. Lever du jour sur le toit de l’Europe. C’est pas vraiment les Antilles… On approche de Honningsvag… La vidéo du bord vous aide à vous situer dans ce dédale d’îles. Des îles grises enneigées, mais des lumières subtiles : l’étrave du Midnatsol ouvre la mer sur des paysages impressionnants. L’arrivée sur Honningsvag a été superbe.<br />Au moment où le Midnatsol donnait trois coups de sirène pour annoncer son arrivée,<br />le soleil s’est fendu d’un petit clin d’œil qui allumé les fenêtres de la petite ville. Par – 15°, le passage des amarres de l’express côtier n’est pas une mince affaire. Vous ne rêvez pas : un rallye de belles décapotables – comme cette Aston Martin – avait choisi le Cap Nord en hiver comme destination ! Sur les pentes qui mènent aux Cap Nord depuis le port de Honningsvag, les surprises ne manquent pas.<br />Ainsi nous avons ramassé sur la route, un pâtissier munichois !<br />Peter a attendu pendant deux jours que quelqu’un accepte de le prendre pour gagner le point mythique.<br />
Il l’aura bien gagné, son Cap Nord ! En hiver, pour monter la montée jusqu’au Cap Nord, dangereuse quand le vent souffle et que la glace est dure comme de l’acier, se fait, sauf dérogation, en cars et en convoi. Un chasse-neige ouvre la route. Nous y sommes ! Le Cap Nord, c’est là, exactement là. Et Brest est à 4132 kilomètres par la route la plus courte. Pour les photos souvenirs, il faut faire vite ! En quelques minutes, le froid vous transformerait en statue de glace ! 

Etape 7 - Lundi 7 février : Karasjok / Kirkenes / Mourmansk (560 km)

La renne du peuple sami… Agrandir l'image

La renne du peuple sami…

Mourmansk, c’est pas le port d’à côté…

 

Karasjok aurait mérité une halte plus posée. C’est la capitale des Lapons norvégiens. Nous y sommes arrivés de nuit. Nous en repartirons de même. Sans avoir connu autre chose qu’un excellent dîner dans une maison de bois. Serrés autour d’un feu de bois de bouleau, pour savourer une truite fumée et un bon morceau de renne avec une sauce aux airelles.

 

Mais cette journée qui nous attend sera longue. Objectif : Mourmansk. Et le passage de la frontière russe dont nous ne savons combien de temps elle nous prendra. La route nous conduit d’abord jusqu’à Kirkenes. C’est un port de pêche principalement occupé par des chalutiers et des caseyeurs russes venus de Mourmansk. Il y trouve là une meilleure base de pêche. Les bateaux portent la marque des rudes conditions de leur travail. Sur les ponts, la glace s’y bat avec la rouille. Ici, le métier de marin est rude.

 

Un peu plus amont du port, l’express côtier, qui nous a transportés la veille, est là. Amarré à un quai dans une eau qui gèle. Sa coque porte les traces du froid qui a accompagné les derniers milles de son long parcours. C’est son terminus. Dans la soirée, il repartira vers le sud. Au total, son périple, aller et retour, de ports en stations, d’îles en îles, aura duré 11 jours. Ou plutôt 11 nuits.

 

Pour le retrouver, depuis Honningsvåg, par la route, nous avons quitté la Norvège et fait une petite incursion en Finlande. Un grand désert blanc dont les rennes sont les rois. Animaux capricieux et craintifs dont les Samis sont les seuls à dominer. Les troupeaux, dispersés dans la neige et la toundra, marqués de différentes couleurs de peinture, retrouveront leurs maîtres en des jours meilleurs. Pour l’heure, ils vivent leur vie est libre et leur seul ennemi est la route et ces dangers mortels.

 

La frontière russe est à une dizaine de kilomètres de Kirkenes. Plutôt sympa, comme frontière, quand on a connu d’autres points de passage vers le « bloc » de l’Est. Les douaniers norvégiens se fichent du tiers comme du quart de ce qui vous pousse à passer la barrière. Et les Russes sont d’une amabilité et d’une tolérance confondantes. Bien sûr, ils vont fouiller la voiture, mais ils décident de fermer les yeux sur quelques bouteilles de champagne, embarquées pour fêter le Cap Nord, et  que nous aurions dû boire avant. Cela nous aurait éviter de les débarquer à chaque arrêt dans un hôtel pour éviter qu’elles n’explose sous l’effet du froid. Les douaniers russes nous ont appris que le thermomètre s’était pris une chute de tension à – 34° dans la nuit. Cela explique peut-être leur zèle modéré.
Pourtant ce poste frontière fut l’un des plus chauds du temps de la guerre froide. Deux mondes y veillaient sur leur territoire et leurs idéologies. Il en reste des traces. Du côté norvégien, cette zone frontalière est peuplée de militaires qui attendent une improbable invasion ; côté russe, un immense no man’s land, cerné de barbelés, sur lesquels veillent quelques miradors, a encore l’orgueil désuet de protéger une frontière qui n’a plus de sens.

 

Mais la Russie est là. Et c’est vrai bonheur pour ceux qui l’aiment. Le changement est étonnant. Après les petites villes norvégiennes, le désert finlandais, on découvre au détour d’un virage une grande ville bâtie à la hâte, à coups d’immeubles sinistres, autour de quelques usines fumantes. C’est là. Ce pourrait être nulle part.

 

Nous y avons cherché un restaurant pour nous remettre de nos émotions douanières. En vain. C’est vrai qu’ils ne nous attendent pas pour vivre. Heureusement pour eux.

 

Notre premier contact gastronomique avec la Russie a eu lieu quelques kilomètres plus loin. Dans un relais routier.

 

Il est impossible de vous dire le plaisir que notre équipage russophile a ressenti en savourant une salade Olivier, une soupe, un sandwich à la truite fumée et un café insipide. Le pied.

 

Il est impossible de vous expliquer, aussi, les désordres gastriques que ces retrouvailles ont entraînés. Et combien ils nous ont fait trouvé long la dernière centaines de kilomètres qui nous séparait de Mourmansk.

 

Les routes finlandaises ressemblaient à des pistes de ski – pistes noires. Celles de Russie y ressemblaient. Sauf qu’elles n’étaient pas tracées ? C’était au petit bonheur la chance. Michel avait passé un coup de fil à son pote Jean-Luc Pailler, Finistérien, champion d’Europe de course sur glace, pour lui demander quelques conseils dans des conditions aussi extrêmes. C’est simple, lui a-t-il expliqué, tu regardes loin devant toi pour anticiper ce que tu vas faire.

 

Merci Jean-Luc. Mais quand il fait nuit noire à 15h30 et que chaque véhicule croisé te lève 500 mètres de brouillard de neige poudreuse, regarder loin relève d’une solide vie intérieure.
Mais Michel est resté serein. Il a découvert que Olaf – c’est le nom de notre voiture, pour ceux qui n’ont pas tout suivi – savait danser sur la neige.

 

C’est vrai , puisque nous sommes arrivés à Mourmansk plus tôt  que prévu.

Olaf a donc hérité d’un nom d’Inuit : Olaf, la voiture qui danse avec les fous.

C’est un peu long. Mais dans le Nord, on a le temps : les heures oublient les minutes.

 

Cap Nord : la Terre y perd la boule.

 

Quelques lignes pour vous raconter –comme promis – notre montée au Cap Nord.

 

Donc, quand on débarque à Honningsvåg, on est à une quinzaine de kilomètres du Cap Nord. Rien, quoi. Sauf qu’en hiver les kilomètres perdent leur sens. Et que les Norvégiens, qui, de manière générale, ont un humour d’élan affamé, ne plaisantent pas avec la sécurité. Aventuriers et plaisantins doivent se soumettre à la règle : On ne peut monter là-haut qu’en autocar et en convoi. Et pour les derniers kilomètres, c’est un camion chasse-neige qui ouvre une route, il est vrai, particulièrement dangereuse. Avec des pentes abruptes qui surplombent la mer sans aucune rambarde de protection. Et si la glace est – comme disent les locaux – d’acier et que le vent s’en mêle, c’est plus du tout la route du Mont-Saint-Michel. Pas même de Brasparts.

 

A la sortie du bateau, l’ordre était clair : vous montez dans un car.

 

Michel Salaün adore les cars. C’est sûr. De là à lui faire admettre qu’il devrait abandonner  pour quelques kilomètres – qu’il avait déjà grimpés au volant de l’un de ses propres cars - une voiture qui venait de Brest…  L’intervention des troupes d’élite de l’armée norvégienne n’étant pas envisageable et quelques excellentes relations dans le monde du tourisme local, on nous accorda la permission de suivre le convoi de six autocars mobilisés ce jour-là pour les passagers excursionnistes de l’express côtier. Et cela après un sérieux briefing du chef de convoi. Vous suivez, vous ne vous arrêtez pas et vous ne faites pas le genre 120 à l’heure avec dérapages contrôlés et figures de voltiges sur glace.

 

Conscient de l’enjeu, Michel avait pris la tête d’un candidat au permis de conduire.

 

Le reste fut un grand moment de loufoquerie.

 

D’abord, le bus du chef de convoi – que nous suivions sagement – au bout de cinq kilomètres au ralenti perdit le contact avec sa troupe avant de s’arrêter. En panne. Il avait, nous expliqua-t-il, de la glace dans son gas-oil. « Allez-y toujours et rattrapez les autres… »
Un peu qu’on les a rattrapés. On serait même rentré dedans ! Pendant cinq kilomètres, Michel a fait dans le genre trophée Andros. J’aurais bien fait une photo, Michel. Pas de problème. Demi-tour en glissade et on repart.

 

Et à moment, on s’est tous frotté les yeux. Une dizaine de décapotables de luxe – je ne déconne pas, des décapotables décapotées – redescendaient du Cap à tombeau ouvert, chapka au vent. Là, déjà, on s’est dit que leur histoire de convoi, c’était quand même pas la discipline des panzers divisions.
Mais pour les derniers kilomètres, il nous fallut quand même attendre que la troupe se reformât. Il fallait attendre avec les autres que le sixième car envoyé en urgence pour récupérer les passagers en rade nous rejoigne.

 

Cela nous donna le temps de prendre un auto-stoppeur. Peter, un pâtissier de Munich. Il avait été interdit de Cap avec sa petite voiture de location, à l’entrée du dernier tronçon. Et il poireautait depuis la veille, dans l’espoir qu’un bus l’accepterait à son bord. Apparemment, les autocaristes norvégiens n’aiment pas les pâtissiers allemands.

 

Ils ont tort. Bons samaritains, nous avons redescendu Peter jusqu’à sa voiture dans une ambiance chaleureuse, animée de quelques airs populaires allemands. Et il nous a offert quelques bières norvégiennes. Faute de mieux. Mais nous serons les bienvenus, nous a-t-il  promis, à l’Hofbrauhaus de Munich pour des choses plus sérieuses.

 

On ira, Peter. Même si par le Cap Nord, ça fait un détour.
 

Le diaporama de l'étape 7

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Si tu rencontres les grands troupeaux de rennes... Frisquet, le départ au petit matin chez nos amis lapons. La renne du peuple sami… Et nous, où on passe ? En Norvège, l’art du contre-braquage s’apprend au berceau.<br />Surtout lorsque l’on rêve de conduite une limousine type américain propulsion. Chaud ! La coque du Mitnatsol s’offre avec l’hiver de nouvelles couleurs Pour nous, maintenant, c’est la route de la Russie… Quand on sait qu’il ne supporte pas une voiture négligée ! Une soupe, une salade Olivier… Luc retrouve sa Russie avec bonheur C’est une ville… Même pour des cloches, Rome, ça fait loin Les bateaux de pêche de Kirkenes sont pour la plupart russes. Mais si, c’est une route… Le petit Russe est solide. Et sa mère aussi… 

Etape 8 - Mardi 8 février : Mourmansk

C’est sûr, c’est pas la promenade des Anglais à Nice… Agrandir l'image

C’est sûr, c’est pas la promenade des Anglais à Nice…

Une journée à Mourmansk

 

Aujourd’hui,  pour Olaf, le 4x4 qui danse sur la neige avec les fous, c’est relâche. Pour son équipage aussi. Un peu de repos avant la grande descente vers Saint-Pétersbourg – 1300 kilomètres – ne fera pas de mal.

 

C’est l’occasion de découvrir une ville que l’hiver met en beauté. Elle ne ressemble à rien sinon à une cité qui aurait oublié son histoire tragique.

 

Jusqu’en 1915, personne ne se préoccupe de cette petite station polaire. Le peuple originel – des samis,  une des ethnies  lapones du Grand Nord - y cohabite avec des aventuriers venus y chercher là de l’air frais. On construit quelques cabanes et l’on pêche  dans cette rivière de Kola et cette mer de Barents que jamais le plus rude hiver ne glace. Le gulf-stream y envoie, avant de repartir pour un  tour du monde, ses derniers courants chauds.

 

Quand la Première guerre mondiale éclate, la Russie pleure dans ses glaces du golfe de Finlande et se souvient que tout là-haut un petit golfe lui offre une mer libre jusqu’à l’Atlantique. Et une voie maritime pour ses alliés. Saint-Pétersboug  est une belle ville, mais un port de guerre saisonnier.

 

Mourmansk rentre dans l’histoire et n’en sortira plus.

 

Lors de la Seconde guerre, Mourmansk devient un port stratégique. En hiver, c’est le seul point d’approvisionnement pour nourrir l’allié russe en guerre contre l’Allemagne. Des convois partent du Cap Nord, dans des conditions épouvantables, vers ce petit port perdu dans la nuit polaire.

 

Le prix à payer pour cet intérêt stratégique sera lourd. Il faut absolument couper cette route maritime essentielle. Une armée allemande de 150 000 hommes assiègent la ville qui résistera pendant 40 mois. Impuissants sur le terrain, les Nazis bombardent la ville. Leurs avions déversent 200 000 tonnes de bombes et détruisent la ville. Elle ne sera jamais prise. Et, sur colline surplombant le fjord, un monument colossal – un soldat de pierre – commémore à jamais cette résistance héroïque.

 

Mourmansk est encore un grand port militaire. Son fjord abrite la flotte des sous-marins de la Russie du nord. Une cité interdite, à quelques encablures de la ville abrite les familles des sous-mariniers. Plantée sur la rive, dans un désert rocheux terrifiant, elle compte plus de 100 000 habitants. Avec un musée des sous-mariniers que personne ne peut visiter.

 

Et puis la guerre froide est finie. Les sous-marins se font vieux et vont mourir sur les berges du fjord. Et ne sont plus  remplacés. En dix ans Mourmansk a perdu près de 150 000 habitants. La marine de guerre ne fait pas un avenir.

 

Aujourd’hui la  ville la plus peuplée au-delà du cercle arctique – 314 000 habitants - se cherche un autre destin. Ce sera peut-être l’exploitation de l’immense gisement gazeux de Stockman, déniché dans la mer de Barents, à 500 kilomètres de Mourmansk. Une exploitation qui ne s’annonce pas simple dans cette nature brutale. Mais à Mourmansk, on en a vu d’autre…

 

Pour l’heure, la vie va son train. Le soleil a repointé le bout de son nez et la neige habille toujours la ville. Le dégel viendra bien assez tôt pour rendre aux rues, aujourd’hui nacrées de neige glacée, leur désolante banalité.

 

Fort heureusement, été comme hiver,  dans leur insolente élégance, les femmes de Mourmansk imposeront toujours aux saisons le rythme de leurs pas conquérants.

Le diaporama de l'étape 8

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C’est sûr, c’est pas la promenade des Anglais à Nice… Michel dans les rues de Mourmansk. Il n’a pas été inquiété par la police… Laissons tomber la neige… Triste, la vie à Mourmansk ? Puisqu’on vous dit qu’elles sont belles ! La femme russe a l’élégance du froid… Anna. Elle est née à Mourmansk et elle aime sa ville. Michel Salaün a profité de son passage à Mourmansk pour rencontrer les responsables de l’Université de la ville,<br /> qui est propriétaire du quatre-mâts Sedov que l’on aimerait voir à Brest en juillet 2012.  Ici, lors du déjeuner en compagnie du vice-recteur de l’Université,<br /> Yuri Chumakov (2e à partir de la gauche) et de Eugène Berg, représentant de la compagnie Total à Mourmansk. Petit retour sur un moment émouvant : la photo traditionnelle au pied de la siège qui symbolise le Cap Nord. 

Etape 9 - Mercredi 9 février : Mourmansk / Petrozavodsk (930 km)

Pour une bière fraîche en terrasse, on reviendra… Agrandir l'image

Pour une bière fraîche en terrasse, on reviendra…

On dirait pas le Sud…

 

Nous savions que cette étape serait la plus dure. Nous l’appréhendions. Par sa longueur : plus de 900 kilomètres. Mais surtout parce qu’elle nous faisait traverser un grand désert blanc. La route qui mène de Mourmansk à Petrozadovsk, une ville de 250 000 habitants à 400 kilomètres dans le nord-est de Saint-Pétersbourg, s’enfonce dans la Carélie profonde, simple saignée dans une forêt sans repères.

 

Pour résumer les choses : nous avons fait plus de 900 kilomètres sans traverser un seul village, une seule ville, ni voir une habitation, à l’exception de quelques stations-service et de quelques cafés routiers dont certains étaient inaccessibles en raison de la couche de neige.

 

Car il avait neigé sérieux durant les dernières vingt-quatre heures dans la région.

 

Au départ de Mourmansk –que nous avons quittée à 8h – l’affaire semblait gérable. Pas simple, encore moins agréable, mais gérable.

 

C’est après 400 kilomètres que la situation est devenue plus inquiétante. Les bas-côtés de la route, noyés dans une épaisse couche de poudreuse, ne laissaient qu’une petite bande centre à peu près roulante. Mais si elle l’était pour nous qui descendions, elle l’était aussi pour tous les camions et voitures qui remontaient. Le problème, c’est quand arrivait l’inévitable moment où il fallait se croiser et se rabattre sur une berge indéfinie et pleine de mauvaises surprises. Même le brave Olaf y perdait son envie de danser, quand ses roues se noyaient dans cette mauvaise soupe. Ses pneus cloutés, efficaces sur la glace mais dérisoires dans une telle neige, rendaient alors les armes et le laissaient s’embarquer dans des dérapages et des glissades impressionnantes.

 

Seul le coup de volant très sûr de Michel nous permit de nous sortir sans dommage de ses pièges encore plus imprévisible lorsque la nuit tomba vers 16h.

 

Fort heureusement, au fur et à mesure que nous gagnions dans le sud, les conditions de circulation s’améliorèrent, sans pour autant devenir faciles et agréables. La route était plus large et il avait beaucoup moins neigé. La pause du midi, dans une station-service, fut rapide, même si le bœuf strogonoff de la patronne nous fit le plus grand bien.

 

Tout cela pour vous dire que l’arrivée à Petrozadovsk, vers 20h30,  fut accueillie avec soulagement. Nous savions que nous avions fait le plus dur. Et que nous nous en étions bien sortis.

 

Merci Olaf, merci Michel !

 

Mais, il faut le savoir,  dans la quinzaine du blanc, il n’y a pas que de bonnes affaires !

 

Les chiffres du jour

 

11h04 de roulage ; 934 kilomètres arrachés à la neige et au verglas ; 88 km/h de moyenne.

 

L’Histoire du jour

 

Cette route fut percée dans les années 50. Avec un objectif stratégique : relier Saint-Pétersbourg à Mourmansk, le grand port militaire du nord. Elle ne s’embarrasse donc pas de détour et ne traverse aucune ville. Son décor, c’est la forêt. Et encore la forêt. La circulation y est faible, essentiellement composée de camions conduits par des gars aux nerfs solides.

 

Ele suit une voie ferrée, construite, elle aussi, de toute urgence dans un objectif stratégique et dans des conditions épouvantables. Il faut 36 heures de train, sur de mauvais rails,  pour rallier les deux villes. A 60 km/h. Et le TGV n’est pas à l’ordre du jour !

 

Splendide désert de forêt, la Carélie, qui remonte jusqu’à la Péninsule de Kola au nord, fut jusqu’en 1945 finlandaise. Mais la Finlande ayant choisi le camp allemand durant la Seconde guerre mondiale, dut céder ce territoire à l’Union soviétique, victorieuse. Toute la population finnoise fut évacuée et regagna la Finlande.

Le diaporama de l'étape 9

Olaf et son équipage en images...

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Ce jour-là, le bitume était blanc… Après une journée de route, l’accueil sympathique et souriants des Russes<br /> est toujours un réconfort. Et en plus, à l’hôtel Karelia, la table était bonne. Pour une bière fraîche en terrasse, on reviendra… Pas peu fiers d’être arrivés à bon port, l’équipage d’Olaf… Sous la neige, les plaques d’immatriculation sont aussi invisibles que les plaques de verglas ! Coup de chance, la seule pompe encore approvisionnée convient à Olaf…<br /> Parce que les stations ne courent pas les routes entre Mourmansk et Petrozadovsk. Et là, ça va encore ! 

Etape 10 - Jeudi 10 février : Petrozavodsk / Saint Pétersbourg (435 km)

Lever du jour sur la zone portuaire de Petrozadovsk : il n’a pas l’air de faire bien chaud ! Agrandir l'image

Lever du jour sur la zone portuaire de Petrozadovsk : il n’a pas l’air de faire bien chaud !

On a retrouvé la lumière !

 

Après l’étape de la veille, de Mourmansk à Petrozadovsk, celle qui doit nous conduire jusqu’à Saint-Pétersbourg semble une petite promenade. Un peu plus de 400 kilomètres et un temps plus clément, même le petit matin est frisquet : - 20°.

 

On peut donc prendre le temps de visiter la ville de Petrozadovsk qui possède plus de charme qu’il n’y paraît au premier abord. Située sur la rive du lac Onega, le plus important d’Europe, elle doit même, à la belle saison, s’offrir des allures station balnéaire.

 

Pour l’heure, son port est pris dans les glaces et neige recouvre les quelques bateaux restés amarrés à ce qui doit être un ponton. Les navigations ne sont pas encore pour demain.

 

La route vers Saint-Pétersbourg se fait tranquillement dans des conditions correctes, même si la circulation est intense à l’approche de la grande ville. Nous prenons le temps d’un déjeuner dans un petit resto typique des routes russes. Une bande de femmes tziganes y crée d’une bruyante animation. Elles sont venues d’une petite ville voisine sur cette aire routière pour y mendier avec un culot et une bonne humeur qui forcent la sympathie.

 

Il est un peu plus de 17heures lorsque nous y arrivons. Hier, à cette même heure, quelque part dans la Carélie, il faisait déjà nuit noire. Aujourd’hui, le soleil brille encore.

 

Cela nous fait une drôle de sensation. Comme si, soudain, nous avions retrouvé la lumière. Comme si nous étions sortis d’une longue nuit à laquelle nous avions fini par nous accoutumer.

 

Pour Olaf, c’est l’heure d’une grande toilette. Sa tenue de grand baroudeur n’est plus de mise. On va le faire propre pour entrer en ville. Et quelle ville ! La Venise du Nord, la cité de Pierre Le Grand. Olaf, à la douche !

 

Quelques minutes, il ressort rutilant comme au salon de l’auto, d’une cabine de lavage.

 

A nous deux Saint-Pétersbourg !

Le diaporama de l'étape 10

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Lever du jour sur la zone portuaire de Petrozadovsk : il n’a pas l’air de faire bien chaud ! En-dessous, c’est le port de plaisance de Petrozadovsk ! Les navigations sur le lac seront pour plus tard… La petite déneigeuse au travail.  Sous haute surveillance ! La place de la gare de Petrozadvovsk porte le nom de Youri Gagarine. Une fusée de glace lui rend un hommage éphémère. D’un côté Mourmansk – on en vient – de l’autre Saint-Petersbourg, on y va… Grosse activité ce matin sur le route de Saint-Pétersbourg. Une station-service d’un autre temps noyée dans la neige. Le chasse-neige en a un peu trop fait… Le Russe devant sa soupe, un morceau de pain à la main : une image classique dans les petits restaurants des bords de routes. Deux Tziganes  de la région de Volkhov. Sympa, notre petit resto routier, non ? Pour Olaf, une sérieuse toilette s’impose avant Saint-Petersbourg… Dans une rue de Saint-Petersbourg, Olaf a fière allure ! 

Etape 11 - Vendredi 11 février : Saint Pétersbourg

Coucher de soleil sur le golf de Finlande, pris dans les glaces . Il est 18h et il fait – 15°. Agrandir l'image

Coucher de soleil sur le golf de Finlande, pris dans les glaces . Il est 18h et il fait – 15°.

Saint-Pétersbourg brise la glace

 

C’est toujours étonnant de découvrir Saint-Pétersbourg en hiver. Le froid lui donne une âme et une réalité de celles qu’elle peut avoir aux beaux jours. Elle est toujours aussi époustouflante, mais elle gagne en humanité. La Cité impériale, est toujours aussi parfaite, aussi dessinée, qu’elle l’est en été. Vous ne pouvez y faire cent mètres sans découvrir  un palais ou un simple immeuble qui témoignent de son histoire prestigieuse.

 

Saint-Pétersbourg a ceci de désespérant, c’est qu’on a le sentiment, comme à Venise, que l’on passera toujours à côté d’un trésor. Qu’on ne la connaîtra jamais. Qu’il faudra toujours y revenir, encore et encore.

 

Nous y avons flâné, avec Olaf, propre comme s’il allait au bal du tsar, sans autre but qu’une photo-souvenir sur la place du Palais impérial et de ne pas rater le coucher de soleil sur le golfe de Finlande pris dans les glaces. Avec, pour se réchauffer, une visite du Palais Youssoupov, là où Raspoutine fut assassiné. L’histoire dit que le solide Sibérien ne succomba ni aux balles ni au poison, mais mourut dans l’eau glacée de la Petite Nevka.

 

Aujourd’hui, la ville l’était aussi, glacée. Le froid et les énormes de chutes de neige de ces derniers jours paralysaient des rues entières et mobilisaient des armées de cantonniers, équipés de haches et de pelles pour dégager les trottoirs, noyés sous dix centimètres de glace et autant de neige. Et ces déchets éphémères ne seront pas jetés dans la Neva, le fleuve qui irrigue la ville et en constitue sa colonne vertébrale. Trop polluants, Ils sont transportés à l’extérieur par camions.

 

Pour autant, la vie suit son cours à Saint-Pétersbourg. Et il peut faire nuit. C’est le week-end.

Le diaporama de l'étape 11

Profitez de ces images, dans 4 jours ils nous reviennent...

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Elena, notre guide du jour, est la correspondant de Salaün-Holidays à Saint-Pétersbourg.<br />Sa connaissance de la ville et sa maîtrise du français sont impressionnantes. La belle passante… Juste pour les beaux yeux d’Anna… Les ours ne sont pas venus le taquiner… Coucher de soleil sur le golf de Finlande, pris dans les glaces . Il est 18h et il fait – 15°. Anna a fait une année d’études à Rennes. Elle a tout de suite été intriguée par notre voiture immatriculée dans le Finistère. Sur la place du palais, devant l’Ermitage, Olaf et son équipage sont fiers. Ce glaçon, tout en haut d’un immeuble, peut tomber d’un moment à l’autre.
<br />Chaque année des piétons sont blessés, voire tués, par la chute de ses épées de glace. Et quand c’est fini, il faut recommencer… Le travail de déneigement des rues de Saint-Pétersbourg est un travail coûteux et ingrat.<br />La glace peut dépasser 10 centimètres et se brise à la hache. La visite au musée Youssoupof, là où Raspoutine fut assassiné, est passionnante.<br />
On y découvre ce que pouvait être le palais d’une grande famille à l’époque des tsars. 

Etape 12 - Samedi 12 février : Saint Pétersbourg / Helsinki (395 km) / Stockholm (en mer)

C'est notre ferry pour Stockholm. Agrandir l'image

C'est notre ferry pour Stockholm.

Saint Pétersbourg plié pour nous, Helsinki rayonne

 

Un peu moins de 400 kilomètres sépare Saint-Pétersbourg d’Helsinki,  la capitale finlandaise. Une formalité, d’autant que la route est de bonne qualité et que temps s’annonce beau. Frisquet – nous enregistrerons notre record de froid (-25°) depuis  le début  de notre aventure – mais beau. Un grand soleil fait briller de tous ses éclats la neige tombée ces derniers jours et qui a  conservé sa blancheur immaculée.

 

Le seul  vrai souci de la journée, c’est le passage de la frontière russe. Un moment toujours délicat et plein d’incertitudes. L’affaire peut être réglée en une heure comme on peut y perdre six heures. En fonction du nombre de voitures et de l’humeur douanière du jour.

 

Elle était bonne ce jour-là. Et les formalités se limitèrent  au strict minimum. C’est-à-dire un double contrôle des passeports et des visas ; l’intégration des données techniques de la voiture dans un système informatique autiste puisqu’il semble ignorer que ces précieuses informations ont déjà été méticuleusement recueillies lors de l’entrée sur le territoire, du côté de Mourmansk. Mais il est sans doute d’une importance stratégique de savoir si  Olaf, alors qu’il va quitter la Russie sans doute pour toujours,  marche au gas-oil ou à l’essence.

 

Côté finlandais, l’affaire fut expédiée beaucoup plus rapidement. La douanière, calfeutrée dans un bureau où régnait une douce chaleur, ne semblait pas prête à sauter dans un manteau et à affronter le grand froid pour  fouiller  les  poches d’Olaf.

 

Et nous la mettons dans l’embarras quand, par zèle ou par prudence, nous déclarons quelques bouteilles de vin. Un embarras amusé lorsque nous lui expliquons que ces bouteilles ont pris le départ de Brest et nous accompagnent depuis. Et, n’en ayant pas trouvé l’usage, à l’exception de quelques  cadeaux, au cours de notre périple, qu’elles rentrent donc avec nous à Brest.

 

Elle se serait franchement marrée, si on lui avait raconté que chaque soir, on débarquait nos bouteilles de la voiture pour les mettre au chaud dans nos chambres, de peur qu’elles n’explosent en restant dans une voiture exposée à des températures de congélateur. Et les réembarquions, tel Sisyphe, au petit matin. Les boire et les pisser nous aurait causé moins de tracas…

 

Bref, les deux frontières nous auront simplement coûté un peu moins de deux heures. Un rêve.

 

Nous arrivons donc assez tôt à Helsinki, assez tôt pour découvrir la ville qui ne manque pas de charme, avec son architecture fortement marquée par l’empreinte russe et ses airs de Saint-Pétersbourg qui aurait oublié de grandir. Elle nous accueille sous un grand soleil qui fait briller ses églises – ici Luthériens et Orthodoxes cohabitent sans rivalités – et met de l’animation dans les rues du centre-ville, encore tapissé de neige.

 

L’entrée du port, pris dans les glaces, est superbe, avec ses ilôts, sa forteresse à la Vauban. Et, visible des hauteurs, la mer libre sur laquelle nous allons voguer.

 

Il est d’ailleurs déjà l’heure d’embarquer sur le Symphony. Destination Stockholm. Une nuit de navigation tranquille sur un bateau qui ressemble à un grand marché flottant. La « rue » qui en constitue le cœur est une suite de restaurants, de bars, de machines à sous, de boutiques, de buffets plantureux avec boissons à volonté… Finlandais et Suédois, jeunes et moins jeunes, en font, le temps d’une traversée, leur villégiature de week-end. La détaxe rend à son bord la vie moins chère. C’est la fête. Et les démarches chaloupées des passagers au milieu de la nuit ne doivent rien au roulis du solide bateau.

 

Il n’est pas dit que Luther, lui-même, n’aurait pas sacrifié aux tentations du duty free.

 

Car, c’est bien connu, ce qui se passe en mer appartient à la mer. Et qu’une bonne gueule de bois sera votre seule punition.

Le diaporama de l'étape 12

A quelques encablures de la ligne d'arrivée...

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C'est la frontière entre la Russie et le Finlande.<br />
Plutôt facile contrairement à ce que laisserait croire la file d'attente.
 Dans le Nord, l’élan est polyglotte…  Cathédrale luthérienne d'Helsinki... La petite Finlandaise avec drôle petit bonnet. Sur le petit marché d'Helsinki, les boutiques de font rares et les marchandes frileuses. L' église orthodoxe d'Helsinki, baignée de lumière.  Un brise-glace pris, dans les glaces. Joli petit remorqueur attendant printemps. Une petite île à la sortie du port d'Helsinki. C'est à quel sujet ? C'est notre ferry pour Stockholm. Ca y est, on est parti. Le Symphony laisse derrière lui sillage de glace brisée. Le port d'Helsinki s'éloigne dans le soir tombant. Devant l' étrave du Symphony, un étroit chenal glacé. 

Etape 13 - Dimanche 13 février : Stockholm / Copenhague (660 km)

C’est dans la ville de Gränna, jolie petite ville sur le route de Copenhague que l’on a inventé le sure d’orge, le polkagrisar. Agrandir l'image

C’est dans la ville de Gränna, jolie petite ville sur le route de Copenhague que l’on a inventé le sure d’orge, le polkagrisar.

De Stockholm à Copenhague, c’est une affaire de temps.

 

L’arrivée sur Stockholm restera comme un grand moment de ce périple. A six heures du matin, le ferry a entamé sa remontée de l’archipel  qui parsème le fjord d’entrée de la capitale suédoise. Une navigation laborieuse dans un chenal étroit et glacé, alors que le soleil se lève paresseusement. On frôle des petits ports, on trouve son chemin entre des balises prises dans la glace… Il faudra encore près de trois heures pour atteindre le quai du port de Stockholm.

 

Derrière, un autre ferry, le Mariella de compagnie Viking, le suit comme un chien. Il a quitté Helsinki quelques minutes après et les deux navires ont navigué de conserve toute la nuit. Une mesure de précaution depuis le terrible naufrage de l’Estonia dans une tempête. Quelque 900 personnes y avaient perdu la vie. La mer ici est rude et la navigation difficile.

 

Pour nous, elle fut tranquille.

 

Il nous restait quelques heures pour découvrir la ville, avant de prendre la route de Copenhague. Près de 700 kilomètres. C’est le retour et Brest est encore loin.

 

Promenade dans la ville. Belle. Cossue. Avec une architecture solide mais élégante. Stockholm est une très belle ville qui prend un charme particulier en hiver.

 

Une visite s’impose. Celle du musée Vasa. Il a été construit  autour – au sens propre – d’un bateau monumental. Il était conçu pour être l’orgueil de la marine suédoise. Son destin fut tout autre, à la fois dramatique et navrant. Lancé le 10 août 1628 pour effectuer son premier voyage, il chavira et sombra quelques minutes plus tard dans le port même de Stockholm. Ses orgueilleuses superstructures, trop lourdes, trop richement décorées sont sans doute la cause de cette mauvaise fortune. Après plus de trois siècles passé sous l’eau, le magnifique vaisseau fut, en 1961, renfloué, au prix de prouesses techniques étonnantes.

 

Restauré, il est aujourd’hui le cœur de ce musée. Mais il sert aussi de prétexte à reconstituer la vie de l’époque. Celle de la marine et celle d’une ville. Et c’est fait de manière intelligente et passionnante.

 

La route vers le Danemark nous a ramenés, au fil des kilomètres, vers des régions plus clémentes. Petit à petit, la neige, qui faisait notre quotidien depuis 10 jours, a disparu. Et le thermomètre est remonté vers des températures oubliées : - 2°. Mais où sont mes tongs et mon bermuda ?

 

Une dernière escale en Suède, à Malmö, pour se prendre un vertige au pied de la tour torsadée, plantée au milieu d’un quartier des docks magnifiquement rénové. La tour en elle-même est bluffante d’audace architecturale. C’est une tour que son architecte a vrillée, en jouant avec les perspectives et en flirtant avec les lois de l’équilibre. A tomber !

 

Le passage au Danemark se fait par un ouvrage monumental, lui aussi. Un pont de sept kilomètres, puis quatre kilomètres sur une île artificielle et enfin trois kilomètres de tunnel vont font franchir un golfe et changer de pays.

 

En ce dimanche soir, Copenhague somnole déjà.

Le diaporama de l'étape 13

A consommer sans modération...

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La garde devant le palais royal de Stockholm. Stockholm, dans son habit. Une des plus belles villes d’Europe, selon Luc. La tour « twistée » de Malmö : une audace architecturale signée d’un architecte espagnol. Il suffit de quelques ballons dans un arbre quand le blanc hivernal vous ennuie… La ville de Stockholm offre une richesse architecturale de toute beauté. Stockholm, dans son habit. Une des plus belles villes d’Europe, selon Luc. C’est dans la ville de Gränna, jolie petite ville sur le route de Copenhague que l’on a inventé le sure d’orge, le polkagrisar.  

Etape 14 - Lundi 14 février : Copenhague / Aix La Chapelle (795 km)

Pas frileuse, la petite sirène de Copenhague. Car, ce matin-là, il faisait un froid de canard dans la capitale danoise. Agrandir l'image

Pas frileuse, la petite sirène de Copenhague. Car, ce matin-là, il faisait un froid de canard dans la capitale danoise.

A bientôt, jolie petite sirène…


Un petit mot rapide – car il est déjà tard et la route a été longue. Nous avons quitté, comme prévu ce matin. Après une promenade trop brève dans les rues de Copenhague, balayées par un vent glacial et sillonnées par une multitude de cyclistes emmitouflés, au coup de pédale vigoureux en ce lundi matin.


Après avoir fait changer les pneus de notre voiture – les pneus cloutés indispensables dans le Nord sont interdits sur les routes d’Allemagne et de France – et pris le temps d’une visite d’adieu à la petite sirène insensible au froid, nous avons pris la route du Sud. Direction Aix-la-Chapelle, à 860 kilomètres plus bas.
 

C’est avec une petite pointe de nostalgie que nous avons laissé derrière nous, dans le sillage du ferry qui nous transportait jusqu’aux côtes du Schlesvig-Holstein, cette Scandinavie que nous avons parcourues du Nord au Sud avec un bonheur de tous les instants.


Il sera toujours temps, dans une prochaine chronique, de revenir sur ses bons moments et de fouiller dans nos souvenirs et notre carnet de route et vous faire partager nos coups de cœur et nos émotions.
Pour l’heure, nous avons retrouvé l’Allemagne. Des températures positives oubliées depuis une dizaine de jours et… la pluie.


Nous ne sommes donc plus loin de chez nous !


A demain à Brest !
 

Le diaporama de l'étape 14

Ca sent l’écurie !

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De l’autre côté du ferry, c’est l’Allemagne. Adieu la Scandinavie ! Froid ou pas, le cycliste est le roi de la rue à Copenhague… Un petit arrêt pipi pour Olaf avant la route pour l’Allemagne. Même par matin gris, les quais du vieux port de Copenhague garde leurs belles couleurs ensoleillées. Pas vraiment chaud, hein, les gars ? La garde du palais royal, en hiver, est un dur métier. Pas frileuse, la petite sirène de Copenhague. Car, ce matin-là, il faisait un froid de canard dans la capitale danoise. Finies les courses folles sur la glace et la neige :<br />
Avant de quitter la Scandinavie,<br />
Olaf a changé de godasses et troqué ses pneus à clous pour des pneus neige plus civilisés. 

Etape 15 - Mardi 15 février : Aix La Chapelle / Brest (960 km)

Retour à Brest deux semaines plus tard, jour pour jour, sur le port de commerce de Brest.<br />
La quinzaine du blanc s’achève ! Agrandir l'image

Retour à Brest deux semaines plus tard, jour pour jour, sur le port de commerce de Brest.<br />
La quinzaine du blanc s’achève !

BREST, le retour...

 

Ca y est c’est fini ! La quinzaine du blanc s’achève. Mardi en fin de journée, Olaf et son équipage sont arrivés à Brest. A l’endroit précis d’où ils étaient partis il  y a deux semaines jour pour jour.  Après une dernière étape de 980 kilomètres entre Aix-La-Chapelle et la pointe finistérienne.

 

Depuis le 1er février, date de notre départ, nous n’avons pas simplement aligné des kilomètres. Nous avons découvert des pays, des paysages ; plongé dans le grand froid, la neige et la glace ; connu des nuits interminables ; fait des rencontres ; accumulé des souvenirs et des images uniques…

 

Nous allons fouiller dans ce carnet de route et dans nos mémoires pour vous partager nos meilleurs moments de ce Grand Raid Arctique que vous avez été nombreux à suivre…

 

Rendez-vous ce sur ce site pour feuilleter ensemble notre album-souvenirs.

 

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